Qu’elle soit la 2ème ou la 4ème industrie la plus polluante après l’industrie pétrolière, qu’importe. Les spécialistes s’accordent pour dire que l’industrie textile est très polluante et, de surcroit, une des plus opaques quant aux conditions de fabrication.

Certains n’hésitent pas à l’affirmer. L’industrie textile est le “nouveau Tchernobyl “.

Et moi, cela me dérange d’avoir des oreilles pour ne pas entendre ce bruissement alarmant. Cela me dérange de ne rien changer.

Et, si, comme moi, vous vous intéressez au textile sportif, c’est simplement encore pire. Cela va de soi : avec ses matières techniques en polyester, ou en nylon (une fibre directement dérivée du pétrole), ou en coton (l’une des cultures les plus consommatrice d’eau) les vêtements utilisés pour nos sorties de running et autres plaisirs sportifs sont généralement issus d’une production peu responsable.

Je ne suis pas une scientifique. Je suis une maman, sportive et bosseuse. Je suis un être humain. Un simple être humain.
Dans le désordre. J’aime travailler. J’aime les gens, profondément . J’aime le monde. J’aime la nature. J’adore mes enfants, intensément. J’aime voyager, au Bangladesh en 2013 je suis bouleversée. J’aime la famille et les vrais amis. J’aime courir, surtout dans le bois. J’aime le linge frais. J’aime le chocolat, très noir, et un bon verre de vin, rouge. J’aime ce qui est beau, les artistes et les artisans m’impressionnent. Je fais souvent des bonds de joie et je le dis. Je rêve d’en faire encore plus, longtemps.

C’est probablement pour toutes ces raisons-là que j’ai eu envie de faire quelque chose.

Véro Bastien fondatrice de la marque de sport éco-responsable Athlethic

Véro créatrice de Athlethic.com

Tant qu’à se dévoiler, allons y.

Ces séances de running dans le bois ont fait de moi une meilleure femme, une meilleure maman, une super (aujourd’hui ex) employée, jamais malade, déterminée. J’aurais pu devenir coach ou organisatrice de courses, ou courir pour plus d’associations… Non, j’ai eu envie de modifier ma façon de m’équiper, de nous équiper.

Parce que les marques réellement éco-responsables (pas du greenwashing), faites pour le sport et produites localement sont…quasi introuvables.

Et si je me lançais ?
De toutes façons ce sera difficile alors autant le faire à fond (no pain – no gain, ça vous dit quelque chose). Petit 1 : quitter un CDI… Petit 2, : se fixer des objectifs précis. Je vous passe les 3 mois de comptine fermière. Et elles faisaient rouli, roula, …

Stop !

Fin juillet 2018, c’est décidé : je crée ma

articles de sport éco-responsables !

De toutes façons ce sera difficile alors autant être fière de ce que je fais. C’est non négociable. Trois valeurs sont essentielles :

  • la qualité écologique des matières premières ; des matières naturelles (lin, chanvre, orties,…) ou recyclées ;
  • un engagement éthique sur toute la chaine de production. Le respect de la main d’oeuvre sera une priorité;
  • une conception produit la plus locale possible (je sais pas pour vous, mais, habitant un petit pays, ma conception du local est européenne … Amsterdam est à 200 km de Bruxelles ; Paris : 300 ; Berlin : 750 et Prague : 900 … ).

Etape suivante : identifier la matière première idéale. Celle qui coche toutes mes cases. Dans le textile, c’est pas comme dans l’informatique, il y pas de raccourci « cocher tout ». Le monde du textile et les industries fair-trade regorgent de subtilités et petits pièges. Aucun doute possible, j’allais devoir rencontrer un paquet d’experts.

Le hasard. Evidemment, il se dit d’ailleurs « chance » en anglais.

Bernard Joseph, passionné de runnning

Bernard : l’expert en running

Je vois Bernard. C’est bien un expert mais pas vraiment du textile. Ingénieur commercial, bien entendu sportif puis coach sportif ayant créé un club de coureurs et créateur de courses. Bref, un « sans faute sportif» qui change de cap et se lance dans la permaculture. C’est lui qui, entre la poire et le fromage, me lance « Regarde un peu du côté du chanvre, c’est une plante incroyable ! »`

C’était le premier. Il y en aura beaucoup d’autres par la suite. Le chanvre a effectivement des atouts étonnants, une plante aux supers pouvoirs ! Non seulement, elle cochait toutes « mes » cases mais allait me permettre d’apporter une réponse à un problème classique du sportif. Nos t-shirts en matière technique sentent mauvais…

Mon projet prenait une autre allure.